le Convers ne fait pas le moine ...

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1 - L'origine ...

un frère conversus . . .

      Convers (e) ?    . . .   La lumière sur les convers   Frère convers; sœur converse; un convers, une converse ...

Terme apparu au XIè/XIIè siècle. Du latin classique "conversus" (tourner), et, en latin chrétien, "converti", participe passé de convertere (changer complètement).

Frères laïques - religieux de plein droit sans être des moines - principalement destinés, dans les ordres monastiques (Bénédictins, Cisterciens (1)), à l’exploitation des domaines ruraux : les "granges" (domaines agricoles) et les "celliers" (domaines viticoles).

Les frères convers étaient majoritairement d’origine plus modeste et avaient un rang "inférieur" à celui des moines. Ils n'avait pas voix au chapitre, c'est-à-dire qu'ils n'avait pas à donner leurs avis.

Non-moine, les convers pouvaient habiter en dehors de l'abbaye et y revenir le week-end (quel WE ! vivement lundi !) ainsi qu'aux principales fêtes (astreintes) pour participer à la messe.

PS : Il y avait aussi des soeurs converses, dans les couvents de femmes.

(1) Les "Cisterciens" sont des moines religieux de l'Ordre de Cîteaux; fondé à Citeaux en 1098 par l'ancien Bénédictins St. Robert (Abbé de Molesme en Bourgogne), puis développé par St Bernard (1112) qui en fut le maître spirituel.

Les communautés de moines sont rassemblée sous l'autorité de la règle de St Benoit (VIème siècle); Benoît étant, par cette règle, considéré comme le patriarche des moines Occidentaux.

Le refectoire des convers

Ce qui est caché sera dévoilé . . .

Voir un appart de mes aïeuls.

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Rappelons que, dans les années mille, d'une part la vie des gens dépendait de leur naissance (noble, serf, homme, femme, ...), d'autre part le travail intellectuel et surtout à la vie liturgique étaient de première importance pour les bénédictins. Pour être clerc, il fallait donc avoir fait des études - ce à quoi le peuple ne pouvait prétendre - et les monastères étaient des institutions féodales où des religieux mènaient une vie élitiste, certes mystique et pauvre, mais ils étaient entourés de convers, qui assuraient leur subsistance.

Au cours des siècles, cette répartition des tâches selon les compétences prit progressivement, et parallèlement à l'accentuation des classes sociales, l'aspect d'une subordination des convers aux clercs, d'une ségrégation qui conduira à la séparation en deux corps distincts, les "péres" et les "frères".

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L'ATILF nous donne les définitions suivantes du mot "convers" :

1. Dans la première Église, moine entré en religion à l'âge adulte (par opposition à ceux que leurs parents amenaient au monastère dans leur jeune âge, les oblats). Rq. Associés à la vie religieuse de la communauté, les convers, en général illettrés, ne pouvaient entrer dans la cléricature.

2. Au XIIe siècle, moine qui n'était pas soumis à la Règle majeure de l'Ordre, mais à un règlement mineur (les us et coutumes) et qui assurait les tâches matérielles permettant à la communauté de subvenir à ses besoins.

3. [Depuis le Concile de Trente, 1545-1563] Religieux, religieuse employé(e) aux travaux domestiques et aux œuvres serviles, ne chantant pas dans le chœur et exclu des ordres sacrés.

Emploi adj. Frère convers, sœur converse. Même sens. Synon. frère lai, sœur laie.

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Les convers (sans "es") portaient la barbe et ignoraient le latin, ce qui leur valu le surnom d "illétrés barbus" (bon, ça va !).

Cet illetrisme pourraît aussi expliquer l'origine du patenôtre (ah, qui c'est l'inculte là ? un patenôtre c'est un chapelet). En effet, dans les ordres monastiques, il est de pratique courante de réciter des prières vocales (50, 100, 150, ... psaumes). Certains frères convers étant illettrés, il leur fallait trouver une forme de prière plus simple. Par exemple, dans les Règles de Cluny chaque frère prêtre devait dire une messe, et chaque frère convers réciter 50 Notre Père, dès l’annonce de la mort d’un frère lointain.

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Un convers

Frère convers

Statuts de l'ordre cistercien - 1134 (extrait) (cf. http://www.e-moyenage.com/statut_cister.htm#)

  • Conformément à la règle bénédictine, le cistercien est astreint au travail manuel : " la nourriture des moines de notre ordre doit provenir du travail manuel ".
  • Le moine cistercien doit vivre des oeuvres de ses mains. Il doit pourvoir à tous les travaux nécessaires pour la subsistance de la communauté.
  • A la différence de Cluny, l'ordre cistercien n'entretient aucun tenanciers : " notre institution et notre ordre excluent... les vilains ".
  • Cependant, compte tenu de l'accroissement rapide de l'ordre, des accommodements ont été trouvés, par l'introduction des " convers ", ie de laïcs religieux voués aux activités matérielles.
  • Ces frères convers apparaissent sous l'abbatiat d'Etienne de Harding pour suppléer les moines. En effet, si le travail manuel est une obligation, le déroulement de la journée rythmé par la célébration de l'office des heures canoniques empêche les moines à s'adonner aux gros travaux agricoles. Les convers sont là pour les suppléer en se chargeant de l'exploitation des " granges ".
  • Les convers ne sont pas des moines mais sont considérés comme leurs " frères et partagent leurs biens tant spirituels que temporels ". Astreints à un an de noviciat, mais sans prononcer de voeux à la fin de cette période d'apprentissage, ils sont soumis aux mêmes règles que le reste de la communauté et participent aux offices matinaux et vespéraux (" nos biens spirituels ").
  • Ils forment avec les novices et les moines profès, le troisième groupe de religieux cistercien.

Grâce à nous, les moines pouvaient "tranquillement méditer et contempler" !

Exemple d'une journée d’un frère convers à la Grande Chartreuse (cf. La Corroirie - La Chartreuse du Liget) :

Exercices du jour :

  • 6h00 - en cellule : Offices de Prime Oraison. Lecture
  • 8h00 - à l’église : Messe conventuelle
  • 9h15 - en cellule : Offices de Tierce
  • 9h30 : Travail
  • 12h00 - en cellule : Offices de Sexte. Repas. Temps libre
  • 13h30 - en cellule : Offices de None
  • 13h45 : Travail
  • 17h00 - à l’église : Vêpres
  • 17h45 - en cellule : Souper ou collation.
  • Lecture.
  • Oraison.
  • Offices des Complies.
  • Coucher

Exercices de la nuit :

  • 0h00 - en cellule : Lever
  • 0h15 - à l'église : Matines
  • Vers 1h45 - en cellule - Brève oraison.
  • Coucher.

 

Travail : Les frères Convers offrent leurs forces de travail en expiation de péchés ou pour gagner des grâces religieuses (qu'ils disent !).

Ils curent les marais, défrichent les landes, inventent des méthodes de culture et d’élevage, préparent et sèchent les peaux de mouton qui deviennent du parchemin pour les pères copistes, cultivent le chanvre et font des cordes, ...

Scène de vie de moines
L'Alleluja

. . . d'autres parleraient d "esclavage mental" des convers par les "retraités"

Le noviciat

Lorsqu'ils arrivent chez les moines, les convers sont éprouvés pendant une année. Après ce laps de temps, celui qui veut rester et mériter d'être gardé fait sa profession au chapitre (assemblée délibérante des moines).

Rituel du novice accepté par les moines

Si le noviciat s'est accompli de manière satisfaisante, le novice convers est présenté à la communauté. Il se prosterne au chapitre, demande miséricorde et prie d'être admis, pour l'amour de Dieu, à faire la première profession et à porter l'habit de profès comme le plus humble serviteur de tous.

PS : Les possibilités d'évolution varient selon les ordres. Dans certains, elles sont très réduites. On dit que l’absence d’ambition permet la sérénité !

(la dulie, honneur rendu aux serviteurs de dieu) ! . . .

Pendant que les convers travaillent ... les moines prient XIIe et XIIIe siècles - l'âge d'or des convers ...

Les frères convers sont particulièrement affectés au service de l'économie. Leur vie au sein de l'abbaye est plutôt orientée vers le travail manuel que vers la célébration de la liturgie. Ils s'occupent de tout ce qui a trait à la gestion quotidienne des biens de l'abbaye : élevage des troupeaux de bétail, défrichement des terres, assèchement des marais, culture des champs, construction et réparation des bâtiments, achat et vente des produits sur les marchés locaux, et parfois ils servent de messagers et de domestiques. Les XIIe et XIIIe siècles sont l'âge d'or des convers.

Quatres saisons

Calendrier agricole (Pietro Crescenzi XIIIè) et moine priant

 

(sources BNF) Quatre saisons (Barthélemy L'Anglais XVè)

. . . les BatConvers veillaient !

 

  Certains fréres, comme Adam (dit Batadame),

auraient en leur temps ...          

Combat du BatConvers cistersien Adam et du diable

 

... ridiculisé  Batman !

Les BatConvers
 
Combat du convers cistersien Adam et du diable (source BNF)
   

. . . parfois, au péril de leur vie . . .

Le bienheureux frère convers Roméo.

Le prêtre Averton et le frère convers Henri, dit Roméo (du latin romeo, "pèlerin de Rome"), tous deux religieux carmes au monastère de Limoges, se rendaient en Terre Sainte quand la peste les fit mourir à Lucques en Toscane en 1380. On fit de belles funérailles aux pieux pèlerins, on les plaça sur les autels, on leur composa une biographie merveilleuse : ils étaient venus de si loin, pour aller auprès du tombeau du Christ. La saint Roméo est le 25 février.

Mais . . .

Prise de l'abbaye d'Eenaeme

Prise abbaye Eenaeme par les Gantois 1381 (Sources BNF)

XIVe siècle - le déclin du nombre des frères convers ...

Les "calamités" du XIVème siècle (guerre de Cents ans, peste noire, ...) et les rivalités (concurrence des ordres mendiants, grand schisme d'Occident, ...) entraînent une grande diminution du nombre des moines et des convers.

En outre, l'évolutiona de la société agraire met un terme à un grand nombre de menaces des siècles passés, ce qui nous permet désormais de chercher la sécurité ailleurs que dans les monastères. Enfin, il n'est pas exclus que, les paysans considérant de plus en plus les cisterciens comme des spoliateurs, le recrutement des convers finit par se tarir.

La grande diminution des convers met encore à mal l'économie des monastères. Le nombre de moines est sans proportion avec la taille des bâtiments, et sans convers, il devient très difficile de les entretenir. Les abbayes devront accepter des compromis (affermage des terres). A partir de la fin du XIVe siècle, l'institution des convers ne joue plus un rôle majeur dans l'économie cistercienne.

Les calamités du XiV siècle

la relation harmonieuse entre les convers et les moines ne fit pas long feu . . .

Saint Benoît

(sources BNF)

L'observance ?

En 1618, l'ordre Cisterciens se divise en deux mouvements : " l'étroite observance " (des règles bénédictines et cisterciennes de St-Benoît - 6ème siècle) et la " commune observance ".

L'Abbé Armand-Jean de Rancé (1626-1700), dans l'abbaye de La Trappe (Soligny-La-Trappe - Orne/Normandie) donne naissance aux "Trappistes", ou Ordre Cistercien de la Stricte Observance.

St Benoit

La règle de Saint Benoît :

  • Les postulants à l'entrée dans l'ordre doivent éprouver leur vocation pendant une année de noviciat.
  • Les moines doivent respecter les vœux d'obéissance, de stabilité et de conversion des moeurs (chasteté, pauvreté, humilité, piété).
  • L'abbé est élu par les moines. Il doit diriger le monastère tout en restant humble, car il n'est que le serviteur de Dieu.
  • Un équilibre doit être respecté entre le travail et la méditation. On ne recherche pas l'épuisement des corps par une ascèse sévère (contrairement au monachisme celte).
  • La règle du silence doit être respectée pendant les repas, afin d'écouter la lecture d'un texte saint ou d'un chapitre de la règle.
Tout les détails sur la règle de Saint-Benoît.

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Nous décidâmes, avec mesure (aujourd'hui, nous diriins "avec modération")

de développer les nobles produits de la terre . . .

Abbaye et sa brasserie

Un penchant pour les nobles produits de la terre.

Il ne faut pas oublier que l'organisation monastique nous offrait le rôle "privillégié" de créer, par le travail de nos propres mains - partie intégrante de toute vraie vie monastique - les plus nobles produits de la terre, à savoir le vin et la bière.

La vigne

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Voilà, c'étai la page "culturelle" . . ..

. . . et alors ? . . . et alors ?. . .

les convers . . .

 

2 - Avec mesure ...

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